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ARTICLE HARD ROCK MAG :
ORGIE À DONINGTON, 26 AOUT 1995


Article Hard Rock Magazine (septembre 1995)

Metallica à Donington c'était l'affaire de l'année. Dominant une affiche composé de huit autres terroristes qui rêvent de leur piquer la place de numéro un mondial du metal, les Four Horsemen ont fait parler la poudre en offrant un show tout simplement colossal. Récit du concert en intégralité ...



Donington Park, 26 août 1995

Ils sont venus, ils sont tous là. Officiellement 80 000, officieusement un peu plus de 70 000. Une jolie performance en soi lorsque l'on sait que les billets furent mis en vente à peine plus d'un mois avant le D-Day et qu'un autre gros morceau (Reading) a lieu le même jour à une centaine de kilomètres de là. Ils sont venus des quatre coins de la Perfide Albion mais aussi d'Allemagne, de Suède, d'Irlande et de France. La C.E.E. du metal en quelque sorte. Ce public qui se masse sur le circuit automobile de Donington a de quoi faire tomber Jack Lang en syncope : il hurle, il boit de la bière et il arbore des t-shirts aux slogans hostiles. Pire encore, il est venu avec la ferme intention de se coller une franche indigestion d'un genre encore copieusement détesté par la critique "politically correct", le heavy metal. Il faut dire que de ce côté là, le programe de la journée est particulièrement chargé et efficace, jugez plutôt : Corrosion Of Conformity, Warrior Soul, Machine Head, White Zombie, Slash's Snakepit, Slayer, Skid Row, Therapy? et, of course, Metallica. A coup sûr la plus belle affiche de l'année en la matière et çà, les 72 000 headbangers présents le savent bien. Même avec un ticket à 26 livres (sans compter le t-shirt et le programme presque obligatoires), la question ne se pose pas. Pourtant il s'en est fallu de très peu pour que tout le petit monde qui occupe les lieux aujourd'hui ne soit obligé de se trouver une autre occupation en ce samedi de week-end prolongé en Angleterre. Car ce Donington ne fut qu'une longue suite de rumeurs, de démentis et d'épisodes à rebondissements.
 
 
 
Arlésienne

Comme tous les ans, c'est aux alentours du mois de février que la presse spécialisée anglaise commence timidement à faire des pronostics sur la teneur de l'affiche des sacro-saints Monsters Of Rock. Si déjà on parle de Machine Head, de Slayer et de Megadeth pour jouer les seconds rôles, les noms que l'on évoque comme étant des têtes d'affiche possibles vont et viennent dans la confusion générale. Def Leppard ? Comme d'habitude pas prêt et tellement en odeur de sainteté depuis quelque temps. Iron Maiden ? Trop risqué. Déjà, le groupe n'avait pas réussi à faire le plein lors de sa précédente apparition (seulement 65 000 spectateurs, en 1992) alors aujourd'hui avec un nouveau chanteur et pas d'album ... Bon Jovi ? Euh, Bon Jovi jouera trois fois au Wembley Stadium (210 000 spectateurs) et dans deux ou trois autres stades anglais, avec Van Halen en support, ce qui résout le problème définitivement.


A la fin du mois de juillet,
la nouvelle tombe sur le bureau
de toutes les rédactions : "Metallica
jouera le 26 août prochain à
Donington". Trois jours plus tard,
lorsque le reste de l'affiche est
communiqué, on ose à peine y
croire : Therapy?, Skid Row, Slayer,
Slash, White Zombie, Machine Head,
Warrior Soul et Corrosion Of Conformity.
Le menu est gargantuesque,
on frise l'overdose.

Restent en piste AC/DC et Metallica. Le hic c'est que les deux groupes sont censés être en studio pendant l'été. L'un comme l'autre sont extrêmement attendus au tournant, donc peu susceptibles de repousser même de quelques jours la sortie de leurs nouveaux albums respectifs. Au mois de mai, Metallica fera savoir que le groupe est très flatté de l'invitation mais qu'il doit refuser car il a un album en chantier. AC/DC restera plus flou mais donnera un non définitif et sans appel quelques semaines après celui de Metallica.

Nous voilà donc fin mai et tout est bien parti pour que, la deuxième fois en quinze ans, les Monsters n'aient pas lieu. En 1993 déjà, la vénérable institution n'avait pu faire face à la concurrence de metallica et Guns N'Roses venus à tour de rôle planter leurs tentes avec succès à Milton Keynes. Bien sûr, on parle d'un festival de moindre importance (capacité 30 000), dont Megadeth et Ozzy Osbourne seraient les principales attractions mais personne n'y croit vraiment. Non, il faut se rendre à l'évidence, la tradition a vécu. La Mecque du metal n'aura pas droit à son pèlerinage annuel. La surprise n'en sera donc que plus énorme quand, à la fin du mois de juillet, la nouvelle tombe sur le bureau de toutes les rédactions : "Metallica jouera le 26 août prochain à Donington". Trois jours plus tard, lorsque le reste de l'affiche est communiqué, on ose à peine y croire : Therapy?, Skid Row, Slayer, Slash, White Zombie, Machine Head, Warrior Soul et Corrosion Of Conformity. Le menu est gargantuesque, on frise l'overdose. En un mois et demi, Donington après être passé à la trappe ressurgit avec une affiche en béton armé. Qui et comment ? Evidemment la réponse se trouve du côté de Sausalito, en Californie, où Metallica a installé son camp de base.

 


 
Le lieu du crime

Donington, Metallica connait bien. Le groupe y a déjà joué trois fois. La première, c'était en 1985, un an à peine après la sortie de Ride The Lightning. Au beau milieu des Ratt, Marillion et autres ZZ Top, il infligera une sévère gifle au public britannique qui, totalemen ébahi, réalise que qeulque chose d'inouï est en train de se passer dans le monde sclérosé du heavy metal. Le deuxième concert que son groupe donnera à Donington, même Lars Ulrich préfère l'évoquer à demi mot. Il faut dire que Metallica y offrit un spectacle d'une tristesse affligeante et qu'avant eux, Anthrax créa la sensation de la journée... Il en sera tout autrement en 1991, quand les Four Horsemen viennent présenter au public les morceaux de leur nouvel album. Le hold-up est parfait, ce jour-là c'est Metallica qui volera le show au nez et à la barbe du headliner AC/DC.

Revenir à Donington ? A priori, lorsque le groupe refuse la proposition pour la première fois, on pense que c'est parce qu'il est trop impliqué dans la préparation de ce nouvel album et que la perspective d'un concert aussi important avec tout ce qu'il comporte (construction du set, répétitions...) risque de bouleverser son planning. C'est en fait une partie de la vérité. On sait maintenant de source sûre que Metallica (traduisez Lars et Peter Mensch, le manager) ne voulait pas d'un Monsters Of Rock classique. Le concert devait être vendu sous l'étiquette Metallica, ou Metallica ne venait pas. En outre, le groupe se réservait ainsi le choix de tous les invités sur l'affiche. Ce sera donc sous le titre générique de « Metallica, Escape From The Studio '95 „ que la grand-messe aura lieu, tordant par la même occasion le cou au concept vieillissant des Monsters. Au passage, Metallica assoit encore un peu plus son insolente domination sur la planète Metallica s'en alla traîner ses guêtres sur le circuit d'été américain (les grands amphithéâtres en plein air), la vieille Europe s'était sentie quelque peu trahie. Les Yankees allaient pouvoir se régaler d'un Shit ln The Sheds Tour mais les autres n'avaient que les yeux pour pleurer. Les fans européens tirent la tronche et à juste titre. C'est en Europe que le groupe a d'abord réussi son hold-up mondial. Où serait Metallica aujourd'hui sans les kids français, allemands et anglais qui eux n'ont pas attendu Master Of Puppets pour lui faire un triomphe ? Rien que pour ça, le groupe devait revenir sur les lieux de ses premières conquêtes. Il était donc définitivement écrit que le 26 août 1995 ferait son entrée au rayon Grands Classiques.
 
 
 
 
Donington Park, 26 août 1995 (2)

Dans les coulisses de la gigantesque scène devant laquelle le public s'agglutine, c'est presque toute une petite ville qui s'est installée jusqu'au soir. Il y a les groupes et leurs équipes techniques, les médias, les invités, les représentants des maisons de disques au final quelque deux mille personnes qui déambulent au fil de la journée entre les tentes et les concerts. Ce Donington ressemblerait presque à tous les autres sauf qu'à la différence des années précédentes, on sent bien que le festival est en fait celui d'un seul groupe. Tous les backstagepasses sont au nom de Metallica, tous les documents officiels sont frappés du logo Metallica, c'est le staff technique de Metallica qui prend toutes les décisions. Certains groupes s'en accommodent, d'autres trouvent la plaisanterie pénible, mais personne n'élève la voix sauf le tour-manager de Slayer qui explique le plus aimablement possible que, tout le monde avait bien compris que c'était le grand jour de Metallica mais que malgré tout il était impossible pour tout autre groupe d'assurer sa promotion dans des conditions normales. En effet, si une télé voulait filmer autre chose que Metallica (qui redistribuera gracieusement des images à tous les médias demandeurs), il fallait payer 1 500 livres. Evidemment ...
 
 
 
 
Donington Park, 26 août 1995 (3)

Il est près de 20 heures, le jour commence à décliner et Donington Park n'a presque plus rien d'humain. A gauche de la scène, un feu s'est allumé, feu dans lequel un type au bord du coma éthylique vomit ses tripes. L'odeur de mauvais burger et de Fish and Chips qui flotte dans l'air est de plus en plus persistante. Pourtant le public est debout, il attend. Ce public est là depuis 11 h 30, il a vu défiler huit groupes mais il en veut encore. Tout le monde s'accorde à dire que les prestations ont été de bonne qualité. Personne n'a déçu, mais personne n'a vraiment surpris non plus. Contre toute attente, c'est Therapy? qui a tiré le gros lot. C'était le groupe le moins connoté « metal » de la journée pourtant les trois Irlandais ont fait un tabac. Pendant leur set, un chevelu d'une trentaine d'années arborant un T-shirt Whitesnake (du concert de 1989 ici même, c'est dire !) applaudissait à tout rompre tandis qu'à quelques mètres de lui, un quatuor de fans de Slayer devisaient sur les innombrables qualités d'Andy Cairns et ses potes. Un vrai tabac !

 
 
 
 
Donington Park, 26 août 1995 (4)

20 h 15. La pression monte, les 72 000 spectateurs savent que la délivrance est proche. Les premiers accords de Il était une fois la révolution » sont salués par une clameur indescriptible. 20 h 17, ils sont là, la foule exulte de bonheur. Le mors aux dents, Metallica attaque son set par "Breadfan". Ici même à Donington, terre promise du heavy metal, Metallica puise dans ses racines en dynamitant une nouvelle fois le vieux classique de Budgie. Le public met plusieurs minutes avant de reconnaître le morceau. Le son est brouillon mais s'arrangera rapidement. James s'est rasé de près sur les côtés. Il ressemble à une version redneck de Terminator. Lars, lui, porte une casquette, Jason est en short et ses cheveux repoussent de nouveau. Kirk est vêtu de noir et comme ses camarades il a l'air étonnamment relax. La scène est à un ou deux détails près la même que sur la tournée américaine. Bonne nouvelle, les écrans vidéo fonctionnent... La fin de "Breadfan" fait une nouvelle fois rugir la foule qui remet ça dès le début de "Master Of Puppets". Les deux premières minutes sont bordéliques à souhait mais peu importe, les regards, échangés sur scène sont la preuve que le groupe est heureux. Heureux d'être devant son public et de le régaler encore une fois. Le courant passe admirablement bien et quand James le laisse faire son job, ce sont 72 000 personnes qui hurlent « I'm Your Source Of Self Destruction ». Il sourit... Premier break. James prend la parole. Il enchaîne les « motherfucker » et « motherfuckin' » plus vite que la lumière. C'est "Wherever I May Roam" qui commence. Le son est plus lourd, la frappe de Lars commence à faire des dégâts dans les premiers rangs. Le travail de sape continue, "God That Failed" est incroyablement heavy, le petit Danois est encore passé à la vitesse supérieure. Jason viendra relayer James au micro. L'ovation est monstrueuse. Quelques briquets s'allument sur l'intro de "Fade To Black" et le public chante. Kirk est au bout du prolongement de la scène en plein milieu de la foule. C'est sur lui que les regards convergent. Les flammes qui s'échappent de la scène sont saluées par 140 000 bras qui transpercent la nuit.




Motherfuckin' new one

Le show a démarré depuis une bonne demi heure et lorsque James Hetfield lâche sèchement « This is a motherfuckin' new one », 72 000 personnes se regardent ébahies. Mon voisin me demande si il ne rêve pas. Devant 72 000 privilégiés, Metallica teste un de ses nouveaux morceaux. L'ambiance est presque au recueillement, tous les yeux rivés sur la scène semblent dire merci. Le titre (pour le moment baptisé "2x4") est formidable. Le groove est infernal. Mon voisin est K.O. debout, je n'en suis pas loin non plus. A la fin, Lars se lève pour la première fois comme pour demander : « Alors, ça vous a plu ? », Approbation plus que massive. La partie est déjà gagnée.
Le groupe repart à l'assaut et attaque un medley ahurissant. Vont y passer : "Ride The Lightning", "No Remorse" (Donington hurlant comme un seul homme « War Without End »...), "Hit The Lights", "Phantom Lord" et "Fight Fire With Fire". Tout cela sur un tempo presque inhumain dont Lars déchaîné, donne la mesure. On imagine l'état des premiers rangs... L'effort fut intense et le groupe doit retrouver son souffle. Ce sera chose faite pendant que Jason se livrera à un solo radicalement groovy. Le set reprend son cours normal, "For Whom The Bell Tolls" se répand dans la nuit anglaise.


James Hetfield toise la foule puis échange quelques regards avec ses partenaires. Ils ne vont pas... Ben si, ils vont le faire. En moins d'une heure, un deuxième miracle se produit. Le miracle c'est "Devil Dance", un nouveau titre dans la veine de "Sad But True" mais encore plus lourd, plus écrasant. Lars se lèvera une nouvelle fois. Le public est hypnotisé. Le nouvel album on le voudrait là, maintenant, tout de suite. On n'en peut plus d'attendre. Break. James sourit et parle à la foule. Ça donne à peu près ceci : « Alors les gars, contents ? Il vous plait le petit concert qu'on vous à organisé ? Vous avez aimé C.O.C ? ("Yeah", répond la foule) Vous avez aimé Warrior Soul ? (double "Yeah") Vous avez aimé Machine Head ? (le public hurle et Kirk malicieusement entame l'intro de "Smoke On The Water") Et White Zombie, ça vous botte ? (Kirk grattouille un accord) J'ai dit White Zombie pas Whitesnake putain. Et Slash et son Snakepit, c'est un bon groupe de rock ? (le public répond positivement, le groupe se lance alors dans une très courte parodie de "Welcome To The Jungle" : délire dans l'assistance.) Slayer, vous avez aimé Slayer ? (énorme grognement, Metallica attaque "Black Magic", on rêve debout...), Skid Row aussi ça vous a plu ? (Hurlement du public, le groupe massacre le refrain de "Youth Gone Wild", James prend une voix suraigüe. Le public se marre. Lui aussi) Bon, et Therapy?, c'était bien Therapy? ? (le public hurle un "Yeah" massif aussi fort qu'il peut). » Le show repart de plus belle, c'est "Sanitarium", puis une version poids lourd de "Harvester Of Sorrow" que le groupe conclut en reprenant le premier couplet du "Remember Tomorrow" d'Iron Maiden. Le public exulte. « Awesome », me dit mon voisin. Noir. Pendant les premières mesures de "Nothing Else Matters", James Hetfield est seul sur scène, un peu partout des briquets s'allument.



Les yeux d'Hetfield
brillent d'une lueur
inquiétante.
La pluie recommence à tomber mais pas un spectateur ne bouge ; ce qui se passe sur scène est magique. Ce soir, même une tempête de neige n'y aurait rien changé. Un immense râle de satisfaction émerge au début de "Sad But True". Le son est encore plus puissant, le tempo plus lourd. Metallica parait intouchable. Noir de nouveau. Explosions, feu, explosions, bruit de bombes, feu, explosions. Ça va durer deux minutes au moins. Les briquets se rallument, "One" est repris par toute l'assistance. Le final est apocalyptique. Long break et la cavalcade infernale reprend. "Last Caress" assomme le public qui tient bon. Le groupe est heureux ça se voit. "Seek And Destroy" raisonne. Ça et là, des kids pogotent. Malgré le vent, le son reste clair. Surpuissant. Comme le veut maintenant la tradition, le titre va devenir le prétexte à une jam au cours de laquelle on croit déceler quelques notes d'un nouveau morceau. Les yeux d'Hetfield brillent d'une lueur inquiétante.





Exit light, Enter night,
Merci et à bientôt ...

Noir. La foule hurle. Réclame le retour du groupe à corps et à cris. Explosions. Ils reviennent. "Enter Sandman" commence au moment où la pluie s'arrête. Par moments sur le refrain, le bruit de la foule couvre presque la sono. Feu d'artifice dans le ciel. Hetfield annonce la couleur : « So Fucking What ! » Metallica jette ses dernières forces dans la bataille et taille dans le vif. C'est sur ce cover d'Anti Nowhere League qu'il achèvera le set. Le public est exsangue. Lars descend de son estrade et le remercie : « Ça a été génial Donington, merci mille fois. On vous donne rendez-vous bientôt. »

Cette fois-ci, c'est bien fini même si la foule ne commence à quitter le site que longtemps après l'extinction des derniers feux. Il faudra des heures avant de pouvoir rejoindre l'autoroute. Certains sont tellement épuisés qu'i dormiront dans leur véhicule. Les voitures collées les unes aux autres offrent une image irréelle. C'est comme si une longue chenille de métal prenait vie sous nos yeux. De metal, il ne fut d'ailleurs question que de cela aujourd'hui a Donington.

Vincent MARTIN



DONINGTON 1995

Chaque année à Donington, c'est un peu la tradition. Dès que l'attraction principale a salué le public une dernière fois, on commence à compter les points. A évaluer au mieux les prestations de chacun pour essayer de voir clairement qui a su tirer les marrons du feu. Avec neuf groupes à l'affiche autant dire que la lutte était serrée et chacun était bien décidé à arracher coûte que coûte une place au soleil. Le toujours diplomate Kerry King ne s'en était d'ailleurs pas caché laissant clairement entendre que, même si la place de Slayer sur l'affiche ne correspondait pas à la vraie stature du groupe, lui et ses acolytes allaient mettre à mal certaines idées reçues qui voudraient que la formation vedette du festival soit définitivement hors d'atteinte (c'est peut-être pour ça que King déambulait backstage avec un superbe T-shirt à l'effigie de Mike Tyson).

Si l'on fait exception de Metallica, dont le triomphe total s'est joué en deux coups de cuillère à pot mais sans vraiment combattre (car placé dans des conditions tellement optimales que la lutte était bien trop inégale), le combat fut âpre, rugueux mais passionnant. Deux groupes en sortirent la tête haute, quasiment vainqueurs. A la surprise générale, Therapy? se montra plus que digne de sa place inespérée de second sur l'affiche. Le trio irlandais transcenda ses racines New Wave pour offrir à un public pourtant bien éprouvé un set ultra-nerveux ou se mêlèrent joyeusement Joy Divicon "Isolation") et Deep Purple ("Smoke On The Water"). Pour Slayer, c'était l'inverse. Coincés entre Slash et Skid Row, les serial-killers américains devaient prouver qu'ils méritaient bien mieux que cette place de troisième rôle. Ce qui fut fait de manière magistrale. Leur show d'une précision chirurgicale repoussa une nouvelle fois les limites de l'ultra-violence sonore organisée. A coup de classiques tirés de leur répertoire et de reprises punk, Slayer atomisa Donington avec ce « touch of clans », qui fait toute la différence. Comme me le faisait fort justement remarquer un représentant d'American Recordings USA : « Si ce soir Slayer avait joué avec la même structure que Metallica, on se serait retrouvés avec 72 000 morts. »

Sylvain Descombes



 
 

2x4 live Donnington 1995
 



 
Breadfan live Donnington 1995



 

Kill/Ride Medley live Donnington 1995

 






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SET-LIST
DONINGTON '95 :

Breadfan
Master Of Puppets
Wherever I May Roam
The God That Failed
Fade To Black
2 X 4
Kill/Ride Medley
For Whom The Bell Tolls
Devil's Dance
Creeping Death
Welcome Home (Sanitarium)
Harvester Of Sorrow
Nothing Else Matters
Sad But True
One
Last Caress
Seek & Destroy
Enter Sandman
So What

Vidéos :

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